HISTORIQUE

 
 

Le Karaté, contrairement à une idée fort répandue, n’est pas né au Japon mais à Okinawa, une île située entre Formose et le Japon, au sein de ce qui  constitue l’archipel des Ryu Kyu.

Proche également de la Chine du Sud, elle est restée longtemps influencée par la civilisation chinoise.

En effet, dès la fin du 14ème siècle, les relations commerciales et culturelles entre Okinawa et la Chine étaient fructueuses et il est probable que l’introduction d’une méthode de combat d’origine chinoise, pratiquée soit par des attachés militaires soit par des commerçants de passage, ait été introduite sur l’archipel.

 

 

 

S’agit-il du fameux Shaolin Chuan, le « poing du temple de Shaolin », une école plutôt qu’un style d’où étaient issus la plupart des grands Maîtres chinois ?

Quoi qu’il en soit, la transmission à cette époque était orale et aucun document écrit ne permet vraiment de l’affirmer.

Il serait plus juste de penser que les Okinawaiens eux-mêmes, de par leur situation géographique au carrefour de l’Asie du Sud Est, ne pouvaient manquer de profiter du brassage des techniques en vigueur dans les contrées avec lesquelles ils commerçaient comme la Corée, le Vietnam, la Thaïlande, la chine etc.

Ainsi se développa, petit à petit, le « TO_DE », la « main de Chine ».

Mais ce n’est qu’après le début du 17ème siècle, lorsque les Samouraïs vaincus du clan Satsuma débarquèrent sur l’île pour tenter de soumettre sa population, que le « TO_DE » allait devenir un moyen de défense qui allait se propager comme la poudre chez les habitants d’Okinawa.

 

 

Les Japonais ayant interdit le port de toute arme, les paysans de l’Archipel relevèrent aussitôt le défi en faisant de leur corps et des ustensiles agraires à leur disposition des armes susceptibles de percer la carapace d’une armure ou de rompre la lame acérée d’un katana (sabre Japonais).

Cet enseignement de Maître à disciple allait se perpétuer, naturellement dans le plus grand secret pour ne pas éveiller la curiosité des envahisseurs, presque jusqu’à la fin du 19ème siècle.

Même Napoléon, en exil à Saint Hélène, en eut vent.

Les plus grands maîtres vivants à cette époque étaient considérés comme des « Meijin », c'est-à-dire des êtres aux capacités surhumaines.

Il faut dire si l’on se rapporte aux légendes et faits authentiques attribués à certains de ces Maîtres, il ne fait aucun doute que leurs prouesses laisseraient pantois bien des pratiquants d’arts martiaux d’aujourd’hui.

 

 

Et si l’histoire n’a retenu que le nom de Gichin Funakoshi, qui introduisit le « Té » au Japon dans les années vingt, on ne saurait oublier les noms d’Higashionna ou Itosu, principaux dépositaires du fabuleux héritage d’Okinawa tel qu’il leur était parvenu et tel qu’ils l’ont transmis à leurs disciples Myagi, Mabuni et autres Funakoshi.

Mais la vérité oblige à écrire que le vieux « Té » allait être profondément remanié par les japonais, sous l’influence notamment des principaux élèves de Maître Funakoshi et contrairement aux souhaits du vieux maître.

L’idéogramme Kara_té_Do faisait son apparition dans les années trente.

La « voie de la main vide » remplaçait la « Main de Chine ».

Sur la forme, le changement était imperceptible.

Mais sur le fond, une page était définitivement tournée.

Le Karaté, sous l’influence des Japonais nais, allait déferler comme le Judo sur l’Occident dans sa version sportive tandis que quelques « irréductibles » de l’Okinawa té continuaient de perpétuer, contre vents et marées, l’honorable tradition…..

KYOSHI Eric VIALARD

Professeur du FUDO GOSHIN KARATE DO